Version de Gorgio Moroder
Trés proche de l'histoire originale, la version de Gorgio Moroder n'en est pas moins incompléte à cause des pertes conséquentes dans l'oeuvre originale et des fragments de pellicule encore non redécouverts à l'époque de la production (1983). Voici cependant l'histoire telle que la raconte cette version du film.
En cette époque de progrés, la population est séparée en 2 classes bien distinctes.
Les "élus", habitants de Metropolis : nul ne sait quand le scission entre les 2 classes s'effectua, toujours est il que ce sont eux qui ont tiré leur épingle du jeu. Vivant dans l'insouciance et la luxure, la population de la métropole dispose de tout le confort qu'elle désire. Il semble que peu de personnes soient au courant de la provenance de l'énergie qui alimente la ville, d'ailleurs pourquoi s'en soucieraient ils ?
La ville est gouvernée d'une main de fer par Joh Fredersen, au courant des moindres faits et gestes de la population, il est également le plus haut placé sur la question de la vérité sur les sources d'énergie. Son pouvoir sur Metropolis est absolu.
Les ouvriers, vivant à des dizaines (voire centaines) de mètres sous Metroplis : des milliers de personnes au regard vide, les épaules supportant tout le poids de la demande énergétique de la population de la surface... Leur seule erreur fut de naitre au "mauvais étage".
En effet, la ville des ouvriers aussi appelée "L'Abime" se situe sous Metropolis. Leur rêle est de fournir la ville gigantesque en énergies de tous types (électricité, pression hydraulique, etc.). Pour se faire, ils travaillent 10 heures par jour sur des machines exécutant des mouvements répétitifs jusqu'à l'épuisement, leurs enfants connaissant le même sort une fois en age de travailler et la boucle est bouclée.
Les fils des "élus" n'ont rien d'autre à faire de leur journées que de se distraire dans les gigantesques complexes sportif ou "les jardins éternels de la joie", sortes de sanctuaires floral, et c'est alors qu'il se trouve dans un de ces jardins que Freder, fils de Joh Fredersen, fait la rencontre de Maria, une fille d'ouvrier qui a transgressé les lois de Metropolis en emmenant avec elle les enfants des ouvriers pour leur montrer ce sanctuaire et les personnes vivant à la surface, leurs fréres et soeurs.
Presque immédiatement, le groupe est refoule vers l'Abime, mais il a suffit d'un regard entre Maria et Freder pour que naisse un sentiment plus fort que les lois. Freder poursuivra le groupe mais se perdra dans le dédale de tunnels, arrivant au seuil d'un monde étranger : les immenses salles des machines.
C'est en assistant impuissant à un accident majeur qu'il comprendra qu'il a toujours vécu tel un esclavagiste, il se rend alors immédiatement chez son père pour lui demander des explications. La discussion est houleuse et se termine sur un Freder désabusé et dégouté de la manière dont on traite les batisseurs de sa propre ville.
C'est alors qu'arrive le contremaitre, c'est le responsable du bon fonctionnement des machines, il apporte des plans griffonnés sur des bouts de tissus, tous identiques, retrouvés aprés l'explosion.
Josapha, l'assistant de Fredersen ne peut se justifier d'avoir ignoré jusqu'alors l'existence de ces plans et il est immédiatement chassé ... Désemparé, il quitte la piéce en chancelant, Freder se lance à sa poursuite et arrive juste a temps pour l'empécher de se suicider avec son revolver.
Fredersen sait que ces plans cachent quelque chose et il se rend compte que son fils penche désormais du cote des ouvriers, il fera donc surveiller Freder par son garde du corps et cherchera la signification des plans.
De son cote Freder propose à Josapha de devenir son assistant personnel, il devra le couvrir alors qu'il retournera dans l'Abime.
Une fois dans l'Abime il sauvera un ouvrier du nom de Jorgy et sa machine, en prenant la place de celui-ci qui, à bout de force, n'arrivait plus à la faire fonctionner correctement.
Echangeant leurs identités, Freder lui demande de se rendre à l'adresse de Josapha pour lui donner des nouvelles ; mais en route, Jorgy est attiré par les lumières de YOSHIWARA, une boite à la réputation douteuse... Josapha attend des nouvelles de Freder en vain.
Pendant ce temps, Fredersen se rend chez Rotwang, l'inventeur.
Autrefois amis, ils se sont brouillés pour l'amour d'une femme nommée Hel qui se maria finalement avec Fredersen et mourut en donnant naissance à Freder. Ne pouvant l'oublier, Rotwang a érigé un buste sur un énorme piédestal dans une des pièces de sa maison. Contrairement à ce qu'attendait Fredersen, Rotwang l'accueille avec un entrain inhabituel ; il a selon lui réussi à la "recréer". Il dévoile alors sa dernière et magistrale invention : l'homme machine.
Plus qu'un robot, il ne manque selon lui, plus qu'une ame. Mais Fredersen n'approuve pas, il est même effrayé par cette perspective.
Il lui demande finalement s'il peut déchiffrer les plans.
Cependant, Freder qui a trouve un plan à cote de sa machine essaye lui aussi de comprendre ce qu'il y a d'écrit, il est remarqué par un ouvrier qui lui souffle à l'oreille "Maria a organise une nouvelle réunion, ce soir à la relève". Le temps passe, Freder semble ne plus voir la fin de ces 10 heures, et sa machine de forme ronde semble le narguer en devenant une immense horloge avec les aiguilles tournant à l'envers. Finalement la siréne retentit et la relève est effectuée. Les ouvriers se rendent alors dans une sorte de chapelle aménagée dans une caverne.
Rotwang, en consultant divers manuscrits a finalement trouvé la nature des plans : il s'agit de plans des anciennes catacombes. Fredersen lui demande de le conduire à la destination indiquée pour savoir de quoi il retourne, Rotwang accepte et le mène à sa cave, puis il ouvre une trappe découvrant un long tunnel et les 2 hommes s'y engouffrent armés de torches électriques.
Ils arrivent à la chapelle par un boyau surplombant les ouvriers, ouvert sur le plafond de la caverne. Maria, explique aux ouvriers qu'entre l'esprit et les mains (les élus et les ouvriers) il doit se trouver un médiateur qui ne peut être que le coeur et qu'il faut garder espoir, en leur racontant la légende de la tour de babel. Mais les ouvriers ne voyant jamais venir de médiateur commencent à s'impatienter, la révolte gronde déjà. Fredersen, sentant le danger venir, offre à Rotwang l'occasion de tester son homme machine en lui demandant de kidnapper Maria et de donner à son robot son apparence pour qu'il puisse mieux exercer sa main mise sur les ouvriers.
Freder rencontre Maria en aparté dans la chapelle, il comprend désormais quel est son role : être ce médiateur. Ils se donnent alors rendez-vous dans la cathédrale de Metropolis pour la prochaine relève. Mais une fois Freder repartit avec les ouvriers, Rotwang capture Maria.
Au rendez-vous, Maria ne vient pas et Freder se pose des questions sur lui même et son role dans ce monde où il joue les profiteurs sur la vie des autres. Alors qu'il repart, il entent Maria crier en passant devant chez Rotwang : elle lutte avec lui car il est sur le point de se servir d'elle pour façonner l'homme machine. Freder est dirigé contre son gré vers la cave de la maison de Rotwang par un système de portes à fermeture commandée et plus rien ne s'oppose plus désormais à son expérience qui réussit : l'homme machine est désormais identique à Maria.
Rotwang libère Freder en lui disant que Maria (en fait le robot) est chez son père. Freder s'y rend en trombe et constate avec horreur que Rotwang n'a pas menti, ce qu'il croit être Maria est en train de discuter avec son père presque main dans la main. Freder est alors pris de vertiges et s'effondre. Un médecin est appelé, il se veut rassurant, Freder est juste épuisé suite à son séjour parmi les ouvriers.
Freder récupère peu à peu, sa fièvre tombe et ses hallucination cessent enfin. C'est alors qu'arrive Josapha ; il a suivi l'exemple de Freder et s'est fait passer pour un ouvrier pour pouvoir pénétrer dans l'Abime. Il a réussi à retrouver la trace de Maria (en fait la vraie Maria est toujours emprisonnée chez Rotwang), mais les nouvelles sont mauvaises, elle traine du coté de chez YOSHIWARA, cette maison du péché. Freder refuse d'y croire et se rend avec Josapha dans l'Abime et y voit une Maria qu'il ne reconnait pas en train de faire monter la révolte chez les ouvriers, il s'interpose alors : "Tu n'est pas Maria! Maria parlait d'amour et pas de haine!".
Mais trop tard pour arrêter les ouvriers ! L'un d'eux ordonne alors : "Tuez-le !".
Freder et Josapha luttent durement et c'est alors qu'il va recevoir un coup de poignard que s'interpose Jorgy, l'ouvrier qu'il avait remplacé à son poste, et c'est lui qui reçoit le coup en plein coeur. Les ouvriers sont pétrifies d'horreur et, plein de haine ils remontent alors vers leur ville et sonnent le rassemblement. La révolte est en marche !
Tous les ouvriers se dirigent alors vers les ascenseurs les plus proches pour remonter vers les salles des machines, puis vers le poste de commande principal. Cependant, ils laissent leurs enfants dans la ville.
Dans son bureau, Fredersen constate soudain que son transmetteur lui délivre des messages d'alerte en grande quantité, un peu partout la production d'énergie est en baisse. Il appelle alors le contremaitre qui ne tient plus en place, il sait que la révolte à commencée et qu'elle va venir détruire le poste principal où il se trouve. Fredersen lui donne l'ordre de faire retourner les ouvriers à leur poste, le contremaitre n'a pas le temps de lui répondre, il raccroche. Le contremaitre se retrouve seul face à un bon millier d'ouvrier déchainés et malgré une courageuse tentative, la destruction du poste principal est engagée par la réplique de Maria elle-même qui s'enfuit en ricanant.
Rotwang auprés de Maria toujours prisonnière, lui explique qu'il a perdu le controle de l'homme machine mais qu'elle doit rester auprés de lui parce que Maria lui rappelle Hel. Maria lutte à nouveau avec Rotwang et, cette fois-ci, prends l'avantage et s'enfuit.
Elle retourne dans l'Abime se demandant quelles horreurs l'homme machine à bien pu commettre avec son apparence. Alors qu'elle arrive dans la ville déserte, les ascenseurs s'écroulent et la ville s'inonde. Les machine ne servaient pas seulement à produire de l'énergie, elles maintenaient la ville des ouvriers hors du danger d'une inondation. Maria déclenche l'alarme et immédiatement les enfants des ouvriers arrivent par dizaines.
Heureusement Freder et Josapha sont encore dans l'Abime, passant par des conduits et des couloirs de service pour éviter les ouvriers, ils entendent alors l'alarme et viennent aider Maria à sauver les enfants.
La fausse Maria est retournée à la surface, fêter son triomphe chez YOSHIWARA. Les ouvriers aussi fêtent leur triomphe, les machine sont détruites, il ne seront plus des esclaves. C'est alors que le contremaitre revient à lui, il n'avait été qu'assommé. Il siffle les ouvriers et leur demande où sont leurs enfants maintenant que la ville est en train de s'inonder ! C'est une tragédie, et cela décuple encore la furie des ouvriers qui se rendent à la surface guidés par le contremaitre pour rechercher celle qui a initié la révolte.
Cependant Metropolis connait de graves problemes : l'énergie est coupée. Fredersen ne peut que constater le désastre et demande alors à son garde du corps où est son fils, celui-ci répond qu'il est toujours dans l'Abime, Fredersen est horrifie. Il sait que l'Abime est désormais inondé.
Les ouvriers arrivent à la surface et rattrapent l'homme machine qu'ils mettent sur un bucher. Fredersen est prévenu que les ouvriers sont arrives à la surface, Freder les poursuit pour les prévenir que leurs enfants sont désormais saints et saufs. Mais quand il aperçoit l'homme machine sur le bucher il croit qu'il s'agit de Maria et il se fait capturer alors qu'il essaye de la sauver.
La vraie Maria a tout vu mais terrifiée elle se cache derrière une statue de la cathédrale en observant. Rotwang parti à sa recherche la voit et la poursuit, Maria s'enfuit dans la cathédrale. L'homme machine, en partie consumé, dévoile sa véritable apparence de robot devant une assistance médusée, Freder aperçoit Maria poursuivie par Rotwang sur une des corniches de la cathédrale et cours l'aider, Maria est assommée par Rotwang, Freder arrive et une lutte s'engage.
Fredersen arrive sur les lieux, il est assailli par les ouvriers que son garde du corps et Josapha ont bien du mal à maitriser. Rotwang arrive à emporter Maria sur les toits de la cathédrale, Freder le poursuit, les deux hommes chutent, Freder arrive à s'arrêter sur une corniche mais pas Rotwang qui chute dans le vide. C'est une immense joie pour les ouvriers qui ont tout vu et qui savent que Freder est le sauveur de leurs enfants, et pour Fredersen qui se lance alors dans la cathédrale pour aller chercher son fils.
Tous se demandent alors que faire, un horizon nouveau s'est ouvert, il faudra reconstruire et la réconciliation semble difficile.
C'est alors que Freder va devenir l'intermédiaire dont parlait tant Maria, il sera celui qui s'interposera entre le labeur des ouvriers et le pouvoir de décision de son père : Le Médiateur.
FIN




