Histoire
2015, Tokyo, le jeune Kamina Ayato termine la peinture d'une jeune fille vue de dos sur un rocher, et part pour un examen scolaire. Comme souvent, sa mère lui a préparé son petit-déjeuner et laissé un mot pour expliquer qu'elle reviendra tard à cause de son travail. En compagnie de ses amis Asahina et Mamoru, Ayato est victime d'un accident sur la ligne de métro. La rame est bloquée dans le tunnel et Ayato va chercher du secours. Quand il sort, il se rend compte que la ville est attaquée par des chasseurs-bombardiers.
Au milieu des décombres, le garçon rencontre deux personnes : la première, Mishima Reika le conduira à un robot géant, le Rahxephon, qu'il est le seul habilité à maîtriser, la deuxième, Shitow Haruka, est bien décidée à lui montrer la réalité du monde, à lui montrer que contrairement à ce qu'il a appris, Tokyo n'est plus la seule ville ayant survécu à une catastrophe par le passé.
Après avoir réveillé le Rahxephon, et découvert que sa mère a le sang bleu et pas rouge, Ayato s'enfuit de Tokyo en emportant Shitow Haruka, Mishima Reika ayant disparu dans la bataille. Il apprendra alors que sa ville subit un décalage temporel de douze ans avec l'extérieur, et qu'elle est sous la domination des muliens, une race d'extraterrestre ayant investi la Terre.
Engagé au sein de l'organisation TERRA, Ayato affrontera les Dolem, les envoyés de Mu chargés de récupérer le Rahxephon, indispensable pour la conquête totale de la planète. Inadapté du fait de son isolement dans ce qu'on appelle Tokyo-Jupiter, le jeune garçon devra faire face à ses doutes et à la découverte de ses propres capacités. Il sait qu'il a un rôle dans l'affrontement entre l'Humanité et Mu, qu'il est le chef d'orchestre d'une gigantesque symphonie ayant pour objet le futur de la Terre.
Critique
Evacuons tout de suite le premier écueil qui a empêché le succès de cette série : il ne s'agit pas d'une copie d'Evangelion. Si le point de départ, certains personnages et certains éléments d'intrigue (l'aspect mystérieux des envahisseurs, le héros confronté à ses doutes, la fille étrange) suggèrent un tel rapprochement, une vision approfondie de la série fait voler en éclat le sentiment de plagiat. Rahxephon est une série originale, au scénario solide et aux personnages particulièrement développés. On est très loin des références mystico-religieuses et des changements de ton d'Evangelion. La mythologie présentée est cohérente, originale, et bien intégrée au propos de l'histoire.
Une fois ceci précisé, on peut s'intéresser aux qualités intrinsèques de la série. La qualité de l'animation, du design des personnages et des robots est en tous points remarquable. Les expressions des personnages sont particulièrement travaillées, surtout Shitow Haruka qui se distingue par une grande variété d'attitudes. Techniquement, le niveau de qualité est à la hauteur de ce que fait le studio BONES et l'on cherchera plutôt chez Haruka, un soupçon de Faye Valentine (Cowboy Beebop), que de Misato (Evangelion).
Ce que le résumé ne peut pas rendre compte, c'est la multiplicité des personnages et des intrigues secondaires ou parallèles. Chaque "groupe" de personnages a ses questions et ses problèmes, qui interfèrent avec l'intrigue principale jusqu'au dénouement. Les "combats" passent très souvent en arrière-plan et se réduisent, le bien souvent, au strict nécessaire. On ne peut même pas dire que chaque Dolem a un rôle révélateur, car c'est plutôt Ayato qui évolue sous la pression des interactions avec les personnages que sous la pression de l'ennemi. D'ailleurs, même à la fin, on ne connaîtra jamais avec exactitude la nature et l'origine des muliens, seul le but final sera important.
Cela amène à revenir sur la qualité du scénario. Il ne s'agit pas d'une série de "mécha", mais bien d'un drame sentimental ou psychologique où tout l'aspect mystique des muliens sert de métaphores pour la nature humaine des relations. La véritable intrigue de Rahxephon est cachée pour qui ne s'intéresse qu'aux péripéties de la lutte entre humains et muliens. Le coeur de l'histoire est beaucoup plus simple et beaucoup plus riche, traitant de l'amour, du besoin de l'autre, et de l'acceptation de la vérité de ses sentiments. De quoi avons-nous peur lorsque nous nous "offrons" à l'autre ? Comment trouver l'harmonie dans une relation ? Toutes ces questions forment la trame principale de la série et ne révèlent leur nature qu'au dernier moment.
La clé se situant après le générique du 26e épisode. La série y obtient son point d'orgue, chose normale pour une histoire où la musique joue un rôle primordial. Chaque détail constitue une note particulière dans le scénario, et même les instants de flottement, où l'on croit repérer une incohérence, trouvent leur signification. Le propos général est intelligent, sensible, certains épisodes comme le 19 ou le 23 sont poignants d'émotion. Et si la fin est tragique par moments, le final surprend par sa tendresse et sa douceur. Cette série n'est pas de consommation courante et mérite une meilleure place que le simple qualificatif de "copie d'Evangelion".
Bien des situations sont évoquées par de puissantes métaphores, tels par exemple dans un épisode où Mishima arrache un long pieu de la gorge de Ayato pour libérer le Rahxephon de l'emprise d'un Dolem qui l'avait muselé afin de le rendre inerte et de pouvoir attaquer mentalement son pilote. Cela contribue à rendre la série plus difficile mais demande ainsi une implication plus forte du spectateur.
Conclusion
Un nombre de personnages important aux relations et histoire fouillées, une réalisation de bonne facture, et une musique à laquelle a également contribué Yoko Kanno font de Rahxephon une histoire complexe mais passionnante.
Faire des paralléles avec Evangelion est une tentation forte mais prendre Rahxephon pour une pale immitation serait une énorme erreur, à bien des égards il lui est supérieur.
Le style graphique fait penser à une architecture et des monstres sortis tout droit de l'imagination d'un Salvador Dali, accompagné par une musique utilisant beaucoup de classique et d'instrument lié à ce style, Rahxephon parait etre tel un opéra. Le son, il en est d'ailleurs trés souvent question, il semble etre l'élément conducteur tout au long de la série et Ayato sera appelé à tour de role Olin par Quon et "Instrumentaliste" par ceux de Mu connaissant la véritable nature du Rahxephon et le role que Ayato aurait du jouer dans leurs plans.
Au final, une série recommandée pour son histoire trés complexe utilisant énormément de métaphores visuelles qui lui donnent une ambiance allégorique et pour son accompagnement sonore la désservant parfaitement.
A signaler également le thème d'ouverture et les différentes versions de celui de cloture.